En bref : En impression 3D résine, la réussite se joue avant de lancer l'impression, dans le logiciel de préparation. Une pièce se construit suspendue sous le plateau et se détache du fond du bac à résine à chaque couche : il faut donc l'incliner (généralement entre 15 et 45° selon la pièce) pour réduire la surface décollée à chaque fois, protéger les faces visibles en y évitant les supports, soutenir tous les surplombs et les points bas, et percer des trous de drainage dans les pièces creuses. Ce guide détaille chaque réglage, avec des repères par type de pièce.
Sommaire
À la différence de l'impression à filament, une pièce résine n'est pas posée sur le plateau : elle est suspendue sous lui, couche après couche, et subit à chaque couche une force de décollement au moment où elle se sépare du fond du bac à résine (aussi appelé cuve). C'est pourquoi l'orientation et les supports pèsent autant sur la réussite d'une impression résine. Nous détaillons ici les spécificités de la résine ; pour la logique générale des supports (à quoi ils servent, quand ils sont nécessaires), reportez-vous à notre article sur les supports d'impression 3D, qui traite surtout de l'impression FDM.
Pourquoi l'orientation compte-t-elle autant en résine ?
À chaque couche, le plateau descend, la lumière durcit la section de la pièce, puis le plateau remonte et la couche fraîche se décolle du fond du bac. Plus la section durcie est large, plus il faut de force pour la décoller : c'est l'effet ventouse. Une grande surface posée à plat est le pire cas, car toute la section se décolle d'un coup.
Orienter la pièce en l'inclinant remplace cette section brutale par une section qui grandit progressivement. Résultat : des efforts mieux répartis, moins de risque de décrochage et moins de déformation. C'est aussi pourquoi une pièce imprimée sans réflexion à plat figure parmi les causes d'échec les plus fréquentes, que nous détaillons dans notre article sur les 10 problèmes courants d'impression résine.
Quel angle d'inclinaison choisir ?
Il n'existe pas d'angle universel, mais les fabricants et les guides spécialisés convergent sur quelques repères :
Environ 45°
Un bon point de départ pour la plupart des pièces.
30 à 45°
Convient bien aux figurines et miniatures.
15 à 25°
Souvent utilisé pour les bijoux et les pièces fines.
70 à 80°
Parfois choisi pour les pièces transparentes, afin de limiter la section par couche.
Une règle utile complète ces repères : une surface orientée à plus de 45° par rapport à l'horizontale se soutient plus facilement elle-même, alors qu'une surface plus plate a besoin de supports. L'orientation est donc toujours un compromis entre section par couche, nombre de supports et visibilité des marques.
Les logiciels de préparation proposent une orientation automatique : c'est un bon point de départ, à ajuster ensuite en fonction des faces à protéger.
| Type de pièce | Orientation conseillée | Supports | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Figurine / miniature | Inclinée d'environ 30 à 45°, visage vers le haut | Pointes fines sur les détails, plus solides à la base | Aucun support sur le visage ni sur les zones visibles |
| Bijou / petite pièce fine | Inclinaison faible, autour de 15 à 25° | Radeau complet, pointes très fines | Pièces fragiles : manipuler avec soin au retrait des supports |
| Pièce fonctionnelle (boîtier, support) | Inclinée, faces d'assemblage éloignées des supports | Densité moyenne, pointes plus larges sur les zones lourdes | Prévoir le jeu d'assemblage et le retrait des supports |
| Grande surface plane | Jamais à plat : inclinaison de quelques degrés au minimum | Répartis sur les bords et sous la face la moins visible | Une grande section par couche augmente fortement l'adhérence au bac |
| Pièce creuse ou concave | Cavité orientée pour que la résine puisse s'écouler | Standards, à contrôler autour des trous | Au moins un trou de drainage au point le plus bas, un second pour l'air |
| Pièce transparente | Très inclinée, proche de la verticale (environ 70 à 80°) | Hors des zones optiques | Les marques de supports restent visibles dans la masse : les placer sur les faces non critiques |
Quelles faces protéger des supports ?
Chaque point de contact d'un support laisse une petite marque après retrait. Il faut donc décider avant l'impression quelles faces doivent rester propres :
- Les faces visibles ou esthétiques : visage d'une figurine, face avant d'un boîtier.
- Les faces d'assemblage : celles qui doivent s'ajuster avec une autre pièce ou recevoir un insert.
- Les détails fins : textes, gravures, arêtes vives.
Orientez la pièce pour que ces zones soient tournées vers le haut, à l'opposé du plateau, et concentrez les supports sur les faces cachées : dos, dessous, base. Pour une miniature, la règle d'or est simple : jamais de support sur le visage.
Comment bien placer les supports ?
Où faut-il des supports ?
Trois types de zones ont besoin d'un soutien :
- Les surplombs : toute surface qui regarde vers le bas avec un angle trop faible pour se tenir seule.
- Les îlots : une zone qui apparaît isolée en cours d'impression (le bout d'un doigt, une pointe orientée vers le bas). Tant qu'elle n'est pas reliée au reste, elle flotte dans la résine : elle doit être ancrée par un support dès sa première couche.
- Les points bas locaux (minima) : chaque point de la pièce qui se trouve plus bas que ses voisins est un début de couche sans appui, et doit être soutenu.
Quelle taille de pointe et quelle densité ?
Deux réglages gouvernent le compromis entre fiabilité et propreté :
- La taille de la pointe de contact : plus elle est large, plus le support tient fermement mais plus la marque est grande. Une pointe trop fine est discrète, mais augmente le risque que la pièce se détache pendant l'impression. En cas de pièce qui se décroche, on agrandit les pointes ; si l'impression réussit sans problème, on peut les réduire pour améliorer l'état de surface.
- La densité : elle détermine le nombre de points de contact. Une densité plus élevée sécurise les pièces hautes, lourdes ou fines ; une densité plus faible facilite le retrait. Les deux réglages se compensent : on peut combiner une densité élevée avec de petites pointes pour les détails fins.
À titre d'ordre de grandeur, certains guides évoquent des pointes d'environ 0,2 à 0,3 mm pour les détails très fins, 0,35 à 0,5 mm pour les surplombs courants et plus de 0,6 mm pour les zones lourdes ou la base. Ces valeurs varient selon la machine et la résine : le plus fiable reste de partir des réglages automatiques recommandés par le fabricant.
Génération automatique ou supports manuels ?
Les logiciels génèrent les supports automatiquement et le résultat est souvent correct. La bonne pratique consiste à vérifier ensuite le résultat couche par couche, à ajouter à la main des supports sur les zones oubliées (îlots, points bas) et à retirer ceux qui se retrouvent sur une face à protéger.
Faut-il imprimer avec un radeau ?
Le radeau est une fine plateforme qui relie la pièce au plateau. Il sert de base stable et facilite le retrait de la pièce. Selon les logiciels, on trouve en général :
- Un radeau complet, plus stable, adapté aux petites pièces (moins de 30 mm environ) et aux pièces délicates.
- De mini-radeaux, qui économisent de la résine et du temps sur les petites pièces plus larges, avec une densité de supports plus élevée.
- Aucun radeau, pour imprimer directement sur le plateau, avec des réglages dédiés pour assurer l'adhérence des premières couches.
Pour une première impression, un radeau complet reste le choix le plus sûr.
Comment drainer une pièce creuse ?
Évider une pièce économise de la résine et du temps d'impression : sur un exemple publié par Formlabs, l'évidement a permis de réduire la consommation de résine de 77 %. Il faut en revanche gérer deux risques : la résine liquide piégée à l'intérieur, et l'effet ventouse.
Pourquoi une cavité fermée pose-t-elle problème ?
Une cavité fermée emprisonne de la résine liquide qui ne durcira pas, ce qui fragilise la pièce et peut la faire fissurer ou éclater plus tard. Une cavité dont l'ouverture est tournée vers le plateau crée de plus un effet « ventouse » qui peut faire craquer la pièce ou endommager le film du bac à résine.
Comment placer les trous de drainage ?
- Un trou au point le plus bas de la cavité, pour que la résine puisse s'écouler.
- Au moins un second trou, plus haut, pour laisser entrer l'air et éviter la dépression ; plus si la pièce comporte plusieurs cavités ou plusieurs zones de ventouse.
- Un diamètre suffisant, de l'ordre de 3 à 5 mm selon certains guides, adapté à la viscosité de la résine : un trou trop petit se bouche ou draine trop lentement.
- Des trous placés sur des faces discrètes, car ils laissent une marque, qu'on peut reboucher ensuite avec un bouchon imprimé ou un peu de résine.
Le logiciel de préparation peut vous aider : plusieurs outils détectent automatiquement les zones de ventouse et indiquent où percer. Avant la post-cure, vérifiez aussi que la cavité est entièrement vidée et séchée : c'est l'une des causes de pièces fissurées, détaillées dans notre guide de post-traitement des impressions 3D résines.
Que faire après l'impression ?
Une fois la pièce lavée et durcie selon la routine décrite dans notre guide Tout ce qu'il faut savoir avant d'imprimer sa première pièce en résine, il reste à retirer les supports : à la pince coupante, au plus près de la pièce, en terminant par un léger ponçage si nécessaire. Pour la peinture, consultez notre guide Comment peindre une impression 3D.
En résumé
Pour réussir une impression résine, il faut préparer la pièce autant qu'on l'imprime : l'incliner pour réduire la section de chaque couche, tourner les faces visibles à l'opposé des supports, soutenir surplombs, îlots et points bas, choisir un radeau adapté et percer au moins deux trous de drainage dans les pièces creuses. Partez des réglages automatiques du fabricant, vérifiez le résultat couche par couche, puis ajustez : c'est la méthode la plus sûre pour limiter les échecs et obtenir des pièces propres.
Questions fréquentes
Peut-on imprimer une pièce en résine sans supports ?
Dans la plupart des cas, non : les pièces suspendues sous le plateau ont besoin de soutiens pour les surplombs, les îlots et les points bas. Seules certaines pièces très simples, bien inclinées, peuvent s'en passer. Même dans ce cas, un radeau reste recommandé.
Quel est le meilleur angle pour imprimer en résine ?
Il n'y a pas d'angle unique, mais une inclinaison d'environ 45° est un bon point de départ pour la plupart des pièces, 30 à 45° pour les miniatures et 15 à 25° pour les pièces très fines. L'objectif est toujours de réduire la section de chaque couche.
Pourquoi faut-il percer des trous dans une pièce creuse en résine ?
Pour permettre à la résine liquide de s'écouler et à l'air de circuler. Sans trou, la résine reste piégée à l'intérieur et la pièce risque de se fissurer ou de se détacher à cause de l'effet ventouse.
Combien de trous de drainage faut-il prévoir ?
Au minimum deux : un au point le plus bas pour l'écoulement de la résine, un autre plus haut pour l'entrée d'air. Une pièce avec plusieurs cavités en demande davantage.
Comment éviter les marques de supports sur une pièce résine ?
En orientant la pièce de façon à ce que les faces visibles ne portent aucun support, en utilisant des pointes de contact les plus fines possible compatibles avec la tenue de la pièce, et en retirant les supports au plus près après la post-cure, puis en ponçant légèrement.