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FDM vs SLS : quelle technologie choisir pour vos impressions 3D ?

FDM vs SLS : quelle technologie choisir pour vos impressions 3D ?

L’impression 3D a bousculé les méthodes de fabrication traditionnelle (usinage, tournage, fraisage, injection) en permettant la création plus rapide de prototypes et de pièces fonctionnelles. Parmi les technologies les plus répandues, le dépôt de fil (FDM®) et le frittage de poudre (SLS) se démarquent par leurs principes de fonctionnement et leurs applications respectives. Cet article vise à comparer ces deux méthodes dans le but de vous guider dans le choix de la technologie la plus adaptée à votre besoin.

Principe de fonctionnement

FDM – Dépôt de fil fondu

La technologie dépôt de fil fonctionne par extrusion d’un filament thermoplastique chauffé à travers une buse. L’imprimante dépose la matière couche par couche sur un plateau, en suivant les instructions d’un fichier, généralement du GCode. Le dépôt de fil est souvent la première technologie à être intégrée lorsqu’une nouvelle méthode de fabrication rapide est intégrée.

• Matériaux courants : PLA, ABS, PETG, Nylon, TPU, composites (carbone, verre, …)

• Températures : entre 180 et 280 °C selon les matériaux

• Machines : de 300 à 25000 €, avec des imprimantes de bureau ou professionnelles. • Volume de fabrication : de 25x25x25 cm à 80x80x100 cm.

SLS – Frittage de poudre

La technologie frittage de poudre SLS utilise une poudre thermoplastique fine (très souvent du nylon-Polyamide) répartie en fines couches sur un lit de fabrication. Un laser frappe localement la poudre pour la fusionner selon le tracé du modèle 3D. La pièce se forme couche après couche, enfouie dans la poudre non frittée, qui joue aussi le rôle de support. La poudre qui n’est pas fusionné pourra généralement être réutilisée lors d’une autre impression, limitant les déchets générés.

• Matériaux courants : PA12, PA11, TPU, composites chargés fibre de verre ou carbone

• Températures : fusion entre 160 et 200 °C, avec gestion thermique de l’ensemble du volume

• Machines : majoritairement industrielles ou professionnelles à partir de 6 000 € pour les plus accessibles

Avantages et inconvénients

Parlons des avantages et inconvénient de ces deux technologies. Soyons francs, il y a plus d’avantages que d’inconvénients, mais je trouve intéressant de les parcourir afin d’être aussi réaliste.

FDM – Dépôt de fil fondu

Avantages

Les imprimantes dépôt de fil ont un tarif très accessible tout comme les matériaux utilisés. La variété des matériaux disponibles est très large (PLA, PETG, ABS, Nylon, Polypropylène, …).

Les vitesses d’impression permettent désormais d’avoir des pièces utilisables dans des délais très court (de quelques minutes à quelques heures), et l’utilisation de la pièce peut être immédiate. De plus l’entretien reste simple à réaliser par l’utilisateur, et la documentation pour la réaliser est très souvent disponible en ligne.

Inconvénients

La signature visuelle d’une pièce imprimée en dépôt de fil est la visibilité des couches plus ou moins prononcé, qui peut freiner parfois quant à l’aspect attendu. Pour certaines géométries, l’utilisation d’une structure de support sera nécessaire pour soutenir des portes à faux ou surplomb important. De part le procédé de dépose de matière, les liaisons entre chaque couche est plus ou moins une zone de faiblesse en fonction du matériau, rendant les impressions anisotropes.

SLS – Frittage de poudre

Avantages

• Haute précision et complexité géométrique possible sans supports.

• Propriétés mécaniques isotropes et robustes.

• Possibilité de produire plusieurs pièces en même temps en les imbriquant dans tout le volume de fabrication

• Réutilisation de la poudre non frittée.

Inconvénients

• Coût initial élevé des équipements.

• Processus de post-traitement plus complexe (nettoyage de la poudre résiduelle).

• Temps de refroidissement important nécessaire après l’impression.

 Applications typiques

Les applications de ces deux technologies peuvent se recouvrir sur certains aspects, cependant elles se distinguent entre-elles afin de tirer des avantages d’un mode de fabrication par rapport à l’autre :

FDM – Dépôt de fil fondu

• Prototypage

• Pièce unitaire ou très petite série

• Fabrication d’outillage et de fixation

• Éducation et formation.

SLS – Frittage de poudre

• Production de pièces fonctionnelles avec des exigences mécaniques élevées.

• Pièces avec géométries complexes et détails fins.

• Prototype fonctionnel et pièce en série initialement faites en injection.

Comparaisons techniques

CritèreFDMSLS
Précision100 à 300 µm (en Z), surfaces visibles, parfois irrégulièresAutour des 100 µm, finition homogène, détails fins
Coût d’équipementTrès accessible dès 200 €Coûts élevés (>6 000 €), nécessitant un environnement adapté
Coût par pièceFaible, selon matériau utilisé (quelques centimes)Élevé, mais optimisé pour des petites séries
Volume de constructionVariable, souvent limitéGrand, avec possibilité d’imbrication
Matériaux disponiblesGrande variété de filamentsGamme restreinte mais orienté techniques (PA12, TPU, etc.)
Complexité géométriqueLimité par les supportsExcellente, pas besoin de support
  Propriétés mécaniquesAnisotropesIsotropes
Post-traitementRetrait des supports, ponçage éventuelDépoudrage obligatoire, sablage, teinture
Temps d’impressionVariable selon taille et hauteur de coucheLong (chauffe + impression), mais impression en volume
Fiabilité / maintenancePeut nécessiter des réglages réguliersTrès fiable une fois calibré, maintenance spécialisée

Le choix entre FDM et SLS dépend avant tout des objectifs et contraintes de votre projet :

Le FDM est particulièrement adapté pour le prototypage rapide, la fabrication de pièces simples, l’expérimentation et l’enseignement. Son coût réduit et sa simplicité d’utilisation en font une technologie de premier choix pour les utilisateurs débutants ou les projets à budget limité.

Le SLS, quant à lui, s’adresse davantage aux professionnels de l’industrie, aux designers ou aux services d’impression à la recherche de performances mécaniques, de complexité géométrique et d’un rendu final de qualité. C’est une solution idéale pour la production de petites séries ou de pièces fonctionnelles haut de gamme.

Dans bien des cas, une première expérience avec le FDM permet de valider des concepts avant d’envisager l’intégration du SLS pour des productions plus poussées.

Nos tests en interne

Nos experts ont réalisé en interne une série de tests visant à comparer les performances de différentes technologies d’impression 3D sur des pièces particulièrement complexes à produire en FDM, notamment en raison du besoin important de supports.

Ce type de géométrie entraine une forte consommation de filaments pour les supports et nécessite un temps de post-traitement conséquent pour chaque pièce.

Les pièces ont donc été imprimées en SLS, en une seule fois, sur l’imprimante 3D SLS Formlabs Fuse1+ avec du PA12. Elles ont également été imprimées en FDM pour les comparer.

La technologie SLS permet d’imprimer en une seule fois, sans se soucier de la création des supports, aussi bien des pièces similaires que différentes. Le temps d’impression pour ce fichier test, comprenant les trois pièces, est d’environ 13 heures.

Le post-traitement, incluant le dépoudrage puis le sablage, dure entre 40 minutes et 1 heure. Le sablage est automatisé et prend le même temps qu’il s’agisse d’une ou de dix pièces au sablages tout en permettant de récupérer la poudre non frittée pour une réutilisation ultérieure.

Baya Ait Aissa

Baya est chargée de contenus web au sein de Makershop. Elle s'occupe de la rédaction des articles blogs, des cas clients et livres blancs sur le site.

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